L’ashwagandha (Withania somnifera) est une plante utilisée dans des compléments destinés notamment au stress ou au sommeil. « Naturel » ne signifie pourtant pas sans risque. Les extraits, les parties de plante et les quantités étudiées varient, ce qui empêche de transposer automatiquement le résultat d’un produit à tous les autres.

Ce guide présente les effets indésirables et précautions documentés, sans exagérer leur fréquence ni minimiser les situations qui nécessitent un avis médical. Il complète notre guide d’achat consacré à l’ashwagandha au Maroc.

Ce que l’on sait réellement sur sa sécurité

Le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH), organisme des National Institutes of Health américains, indique que l’ashwagandha peut être sûre à court terme, jusqu’à trois mois, mais que les données ne permettent pas de conclure sur sa sécurité à long terme. Cette limite est essentielle : l’absence de problème dans un essai court ne prouve pas l’innocuité d’une prise continue.

Les essais utilisent des préparations différentes : poudre, extrait de racine ou mélange racine-feuille, avec des concentrations variables en withanolides. La tolérance observée pour un extrait standardisé précis ne constitue donc pas une garantie pour une formule différente. L’étiquette du produit réellement acheté reste la référence.

Quels effets secondaires sont les plus souvent signalés ?

Les effets mentionnés par le NCCIH sont surtout la somnolence, l’inconfort gastrique, la diarrhée et les vomissements. Ils ne surviennent pas chez tout le monde et leur fréquence exacte dépend de la préparation, de la quantité et de la durée d’utilisation.

Une somnolence doit être prise au sérieux avant de conduire ou d’utiliser une machine. Des troubles digestifs persistants ne doivent pas être simplement attribués à une « période d’adaptation ». Si un symptôme apparaît après le début du complément, interrompre la prise et demander conseil permet d’évaluer le lien possible.

Ashwagandha et foie : un risque rare mais documenté

Des séries de cas publiées dans des revues d’hépatologie ont relié certains compléments d’ashwagandha à des atteintes du foie. Une série menée en Islande et aux États-Unis décrivait surtout des lésions cholestatiques ou mixtes, avec jaunisse et démangeaisons marquées. Une autre série indienne a signalé des évolutions graves chez des personnes qui avaient déjà une maladie chronique du foie.

Ces publications ne permettent pas de calculer un risque individuel ni d’affirmer que tous les produits sont dangereux. Elles justifient toutefois une prudence particulière en cas de maladie du foie ou d’antécédent d’atteinte hépatique liée à un médicament ou à un complément.

Quels signes doivent faire arrêter la prise ?

Une jaunisse, des urines inhabituellement foncées, des selles pâles, des démangeaisons diffuses ou une fatigue intense et inhabituelle nécessitent l’arrêt du complément et un avis médical rapide. Ces signes ont plusieurs causes possibles : seul un professionnel peut les évaluer.

Qui devrait éviter l’ashwagandha ou demander un avis médical ?

Selon le NCCIH, l’ashwagandha doit être évitée pendant la grossesse et ne doit pas être utilisée pendant l’allaitement. Elle n’est pas recommandée avant une intervention chirurgicale, ni chez les personnes atteintes de troubles thyroïdiens ou auto-immuns. Les personnes concernées ne devraient pas tester seules un complément dans l’espoir de traiter leur maladie.

Une étude clinique sur l’hypothyroïdie subclinique a observé des modifications des hormones thyroïdiennes sous un extrait précis. Cela ne transforme pas l’ashwagandha en traitement de la thyroïde ; cela renforce au contraire la nécessité d’un suivi médical en cas de maladie thyroïdienne ou de prise d’hormones thyroïdiennes.

Avec quels médicaments une interaction est-elle possible ?

Le NCCIH signale des interactions possibles avec les médicaments du diabète et de l’hypertension, les immunosuppresseurs, les sédatifs, certains antiépileptiques et les hormones thyroïdiennes. Cette liste n’est pas exhaustive. Un pharmacien ou un médecin doit vérifier la compatibilité avec l’ensemble de vos traitements, y compris ceux pris ponctuellement.

Évitez aussi d’empiler plusieurs compléments du soir contenant des plantes sédatives. Deux produits disponibles sans ordonnance peuvent additionner leurs effets. Lors d’une consultation, montrez les étiquettes ou des photos lisibles plutôt que de citer seulement le nom commercial.

Comment réduire les risques avant un achat au Maroc ?

Vérifiez le nom botanique Withania somnifera, la partie de plante, le type d’extrait, la quantité par portion, la standardisation éventuelle en withanolides, les autres ingrédients, le numéro de lot, la date et les coordonnées de l’opérateur. Une promesse de résultat garanti ou de guérison est un signal d’alerte, pas une preuve d’efficacité.

Ne choisissez pas uniquement le plus grand nombre de milligrammes. Comparez des préparations équivalentes et suivez la portion de l’étiquette sans l’augmenter. Il n’existe pas une dose universelle valable pour tous les extraits, tous les objectifs et tous les profils de santé.

À retenir avant de commencer

Pour un adulte sans maladie connue ni traitement, une utilisation courte conforme à l’étiquette ne supprime pas tout risque. Notez la date de début, n’introduisez pas plusieurs nouveaux compléments en même temps et conservez l’emballage. Ces gestes facilitent l’identification d’un effet indésirable.

Si vous êtes enceinte ou allaitez, avez une maladie du foie, de la thyroïde ou du système immunitaire, préparez une chirurgie ou prenez un médicament, demandez un avis professionnel avant toute prise. Un complément ne doit jamais retarder un diagnostic ou remplacer un traitement prescrit.

Questions fréquentes

Peut-on prendre de l’ashwagandha tous les jours ?

Les données disponibles concernent surtout des utilisations courtes. Le NCCIH estime que les informations sont insuffisantes pour conclure sur la sécurité à long terme. Respectez l’étiquette et demandez un avis si vous envisagez une prise prolongée.

L’ashwagandha est-elle compatible avec un traitement thyroïdien ?

Une interaction avec les hormones thyroïdiennes est possible et des modifications hormonales ont été observées dans une étude clinique. Ne l’associez pas à un traitement thyroïdien sans validation du médecin ou du pharmacien.

L’ashwagandha peut-elle abîmer le foie ?

De rares cas d’atteinte hépatique ont été publiés. Le risque individuel n’est pas précisément connu. En cas de maladie du foie ou de symptômes comme une jaunisse, interrompez la prise et consultez rapidement.

Faut-il prendre l’ashwagandha le matin ou le soir ?

Il n’existe pas d’horaire universel prouvé pour toutes les formules. Suivez l’étiquette et tenez compte d’une éventuelle somnolence. Si elle apparaît, ne conduisez pas et demandez conseil.

Contenu pédagogique : il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

Sources