L’ashwagandha (Withania somnifera) est parfois présentée sur les réseaux sociaux comme un « brûleur de graisse naturel ». L’argument paraît simple : le stress peut influencer l’appétit et certains comportements alimentaires ; puisque certains extraits d’ashwagandha ont été étudiés pour le stress, ils feraient automatiquement perdre du poids. Cette conclusion va beaucoup plus loin que les données disponibles.
Pour répondre honnêtement à la question « l’ashwagandha fait-elle maigrir ? », il faut distinguer quatre résultats : le stress ressenti, les fringales déclarées, le poids mesuré et la composition corporelle. Une amélioration des deux premiers ne prouve pas nécessairement une perte de graisse. Ce guide compare les essais humains disponibles, leurs limites et les précautions utiles avant tout achat au Maroc.
Réponse courte : ce n’est pas un produit amaigrissant démontré
À ce jour, les données humaines sont trop limitées et trop contradictoires pour affirmer que l’ashwagandha entraîne une perte de poids fiable. Un petit essai ancien mené chez des adultes soumis à un stress chronique a observé des signaux favorables. À l’inverse, un essai pilote plus récent chez des adultes en surpoids ou obèses n’a trouvé aucune différence statistiquement significative sur le poids, l’IMC ou le tour de taille.
Le NCCIH, organisme des National Institutes of Health américains, indique que beaucoup d’études sur l’ashwagandha ont de petits effectifs et utilisent des préparations variées. Il reconnaît des données possibles pour le stress et l’insomnie, mais ne présente pas la perte de poids comme un bénéfice établi. La formule la plus juste est donc : hypothèse à étudier, pas effet minceur prouvé.
Pourquoi le cortisol ne suffit pas à expliquer une perte de graisse
Le stress chronique peut perturber le sommeil, favoriser une alimentation émotionnelle et modifier l’activité physique. Le cortisol intervient dans cette réponse, mais le transformer en interrupteur unique de la prise de poids est une simplification. Le poids évolue aussi avec les apports alimentaires, l’activité, les médicaments, le sommeil, certaines maladies, la génétique et de nombreux facteurs sociaux.
Même si un extrait réduit le stress ressenti ou le cortisol moyen dans un essai, cela ne démontre pas qu’il augmente la dépense énergétique ni qu’il détruit la graisse. Pour parler d’amaigrissement, il faut mesurer le poids et idéalement la composition corporelle, comparer au placebo, contrôler les autres changements et reproduire le résultat dans plusieurs équipes indépendantes.
L’essai de 2017 : intéressant, mais très spécifique
L’étude de Choudhary et ses collègues a réparti 52 adultes souffrant de stress chronique entre un extrait standardisé de racine à 300 mg deux fois par jour et un placebo pendant huit semaines. Les critères principaux étaient le stress perçu et les fringales ; le poids et l’IMC figuraient parmi les critères secondaires. Les auteurs ont rapporté des améliorations plus importantes dans le groupe extrait sur plusieurs mesures, dont le poids.
Cet essai ne suffit cependant pas à qualifier l’ashwagandha de traitement amaigrissant. L’échantillon était réduit, la durée courte, la population sélectionnée pour son stress et un seul extrait de marque a été étudié. Le poids n’était pas le critère principal. On ne sait pas si le résultat s’applique à une personne sans stress chronique, à une autre formulation ou sur une durée plus longue.
Le pilote contrôlé de 2025 ne retrouve pas de perte de poids
Une étude randomisée en double aveugle menée au Mexique a évalué 500 mg d’ashwagandha par jour pendant 40 jours chez des adultes en surpoids ou obèses, avec un accompagnement alimentaire dans les deux groupes. Quarante-trois personnes ont été recrutées et les groupes analysés comprenaient 21 participants sous ashwagandha et 17 sous placebo.
Les chercheurs n’ont observé aucun changement statistiquement significatif attribuable à l’ashwagandha sur le poids, l’IMC ou le tour de taille. Certains paramètres lipidiques ont évolué, mais ils ne doivent pas être confondus avec une perte de graisse ni avec une prévention démontrée d’une maladie. Ce pilote était lui aussi petit et court, mais il montre pourquoi une seule étude positive ne permet pas une conclusion commerciale générale.
Un résultat récent favorable reste une prépublication
Une prépublication déposée en 2025 décrit un essai de 24 semaines chez 100 adultes en surpoids : 300 mg d’extrait deux fois par jour ou placebo. Les auteurs rapportent une baisse moyenne du poids plus importante avec l’extrait. Le protocole est plus long et le poids était cette fois un critère principal, ce qui rend le signal intéressant.
Mais une prépublication n’a pas encore franchi l’évaluation scientifique complète d’un article publié dans une revue. Ses méthodes, analyses et résultats peuvent encore être corrigés. Elle ne doit donc pas être présentée comme une certitude, surtout face à un autre essai contrôlé négatif. Une publication évaluée par les pairs et une réplication indépendante sont nécessaires avant de parler d’efficacité.
Fringales réduites ne veut pas dire graisse brûlée
Les questionnaires de fringales et d’alimentation émotionnelle sont utiles, mais ils reposent sur les réponses des participants. Une personne peut se sentir moins attirée par certains aliments sans réduire suffisamment ses apports, et une variation de poids peut aussi refléter l’eau, le contenu digestif ou la masse maigre. Sans mesure fiable de composition corporelle, le mécanisme reste incertain.
Il n’existe pas non plus de preuve solide que l’ashwagandha augmente directement le métabolisme au point de produire une perte de graisse cliniquement importante. Les expressions « détox », « accélère le métabolisme » ou « ventre plat grâce au cortisol » ne sont donc pas des résumés fidèles de ces essais.
Une démarche plus fiable pour gérer son poids
Pour perdre du poids durablement, partez d’actions observables : portions adaptées, aliments rassasiants, activité régulière, sommeil suffisant et suivi du poids sur plusieurs semaines plutôt qu’au jour le jour. Au Maroc comme ailleurs, les habitudes doivent rester compatibles avec le budget, le rythme de travail, les repas familiaux et l’état de santé. Un diététicien ou un médecin peut rechercher les obstacles et personnaliser la stratégie.
Si le stress déclenche des prises alimentaires répétées, travailler sur le stress peut aider le comportement sans que le complément soit lui-même amaigrissant. Respiration, activité physique, horaires de sommeil, soutien psychologique ou prise en charge d’une anxiété peuvent être plus pertinents. Une prise de poids rapide, inexpliquée ou accompagnée d’autres symptômes mérite une évaluation médicale.
Précautions avant d’utiliser l’ashwagandha
Le NCCIH indique que l’ashwagandha peut provoquer somnolence, inconfort gastrique, diarrhée ou vomissements. De rares cas d’atteinte du foie ont été rapportés. La sécurité paraît surtout documentée à court terme, jusqu’à environ trois mois, et les données ne permettent pas de conclure pour une utilisation prolongée.
Elle doit être évitée pendant la grossesse et l’allaitement et n’est pas recommandée avant une chirurgie, ni en cas de trouble thyroïdien ou auto-immun sans avis médical. Des interactions sont possibles avec des traitements du diabète ou de l’hypertension, les immunosuppresseurs, sédatifs, antiépileptiques et hormones thyroïdiennes. Une personne traitée pour son poids ou sa glycémie ne doit jamais modifier son médicament au profit d’un complément.
À retenir
L’ashwagandha n’est pas un brûleur de graisse démontré. Un petit essai de 2017 a rapporté une amélioration du poids chez des adultes spécifiquement sélectionnés pour leur stress chronique, tandis qu’un pilote contrôlé publié en 2025 n’a trouvé aucun effet significatif sur le poids, l’IMC ou le tour de taille. Une prépublication plus favorable doit encore être évaluée et reproduite.
Si votre objectif principal est de maigrir, n’achetez pas ce produit sur la base d’une promesse de cortisol ou de métabolisme. Évaluez plutôt l’alimentation, l’activité, le sommeil, le stress et les causes médicales possibles avec un professionnel. L’ashwagandha ne remplace ni une stratégie nutritionnelle, ni un diagnostic, ni un traitement prescrit.
Questions fréquentes
Est-ce que l’ashwagandha fait maigrir ?
Ce n’est pas démontré de manière fiable. Les essais sont peu nombreux, petits et contradictoires : un essai ancien a observé un signal favorable chez des adultes stressés, tandis qu’un pilote de 2025 n’a trouvé aucun effet significatif sur le poids, l’IMC ou le tour de taille.
L’ashwagandha brûle-t-elle la graisse du ventre ?
Aucune preuve solide ne montre qu’elle cible ou brûle la graisse abdominale. Le pilote contrôlé de 2025 n’a pas observé d’effet significatif sur le tour de taille. Une promesse de réduction localisée de la graisse n’est pas soutenue par ces données.
Est-ce que réduire le cortisol fait automatiquement perdre du poids ?
Non. Le stress et le cortisol peuvent influencer le comportement alimentaire, mais le poids dépend de nombreux facteurs. Une baisse du cortisol dans un essai ne prouve ni une augmentation du métabolisme ni une perte de graisse.
Peut-on prendre l’ashwagandha avec un traitement pour maigrir ou le diabète ?
Demandez impérativement conseil au prescripteur ou au pharmacien. L’ashwagandha peut interagir avec certains médicaments, notamment ceux du diabète et de l’hypertension. Ne remplacez, n’arrêtez et ne modifiez jamais un traitement prescrit pour utiliser un complément.
Contenu pédagogique : il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.


